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Interview Antoine Griezmann : « Beaucoup de joueurs dans l’équipe méritent le Ballon d’or »

nico
22-10-2018 20:54  


Interview d’Antoine Griezmann parue dans France Football du 9 octobre 2018. (Interview conduite par Olivier Bossard, à Madrid)

 

« Si vous fermez les yeux et que vous repensez à la Coupe du monde, quelle image vous revient en premier ?


La photo avec ma fille, Mia, et la coupe du monde sur la pelouse, après le match. Au début, je ne voulais pas trop qu’elle descende, parce qu’il pleuvait et que je voyais qu’elle avait un peu peur. Mais Erika, ma femme, m’a dit : “Non, t’es fou. Il faut la descendre sur le terrain, que tu puisses faire une photo avec elle.” Aujourd’hui, la première image qui me vient, c’est celle-là. Je pense aussi au moment où j’ai vu un des intendants avec le maillot aux deux étoiles, après le match. C’était l’un des tout premiers. Je l’ai attrapé et je l’ai mis direct.


Et un souvenir avec vos collègues des Bleus ?

Nos feux de camp à l’hôtel. On se regroupait, on écoutait de la musique, on parlait de la Coupe du monde, de nos vies en club, en dehors du foot. Ces bons moments nous ont aidés dans les moments difficiles à répondre présent sur le terrain.


Quand on soulève le trophée de la Coupe du monde, il se passe quoi, dans la tête ?


Tu ne réalises pas, en fait. C’est incroyable. Il n’y a pas de mot, juste plein d’émotions. Tu ne sais pas où donner de la tête, tu ne sais pas si tu dois aller vers les supporters, ta famille, tes coéquipiers. Tu fais un peu tout et n’importe quoi. Dans le vestiaire, pareil, c’était la folie. J’ai fait un direct sur Instagram, et après, je me suis posé. C’est à ce moment-là que tu te dis : “Putain, on l’a fait !” Après, tu regardes à droite, à gauche, tu vois tes coéquipiers qui sont comme des dingues avec la coupe. C’est incroyable.


On n’est pas préparé à vivre des moments comme ça ?


Non, je ne crois pas. Quand je vois mes parents dans la tribune avec les larmes aux yeux, ma famille comme des dingues, c’est magnifique. C’est aussi pour ça que j’ai craqué après le match. Il y avait trop d’émotion.


À quoi ressemble une fête de champions du monde ? On est tellement fatigués qu’on reste calmes ou on se lâche complètement ?


Ç’a été une grosse fête à notre retour à l’hôtel. J’ai dû dormir même pas une heure. Avec Lucas (Hernandez) et “Tom Tom” Lemar, on était les derniers à rentrer. On a fêté ça toute la nuit. Il y avait beaucoup de musique, tout le monde dansait, même les parents. C’était bien.


Pour qui est votre premier texto dans le vestiaire après la victoire ?


Pour “el Cholo” (Diego Simeone, son entraîneur). Je lui envoie une photo de la coupe et je lui dis : “Regarde comme elle est belle. Si je l’ai fait, c’est aussi grâce à toi. Cette coupe, elle est aussi pour toi.”


Et le message reçu qui vous a le plus marqué ?

Je me rappelle surtout d’un message
d’“el Cholo”, après notre match contre l’Argentine. Il me félicite et me dit : “Ça ne fait que commencer. Vous pouvez aller au bout, je crois en vous. Vous avez l’équipe pour.” Quand le coach te dit ça, un gars qui connaît très bien le foot, qui connaît notre façon de jouer... Il nous a vus très forts tactiquement, proches les uns des autres. C’est là qu’il s’est rendu compte qu’on pouvait y aller. Moi, le lendemain de la finale, je lui ai dit direct : “Je veux être là pour la Supercoupe d’Europe (gagnée4-2faceau Real).


Vous avez demandé à votre femme avant d’écourter les vacances ?


(Il rit.) Non. J’avais besoin de couper, de me retrouver avec ma famille, mais cette Coupe était là. J’avais même fait venir un kiné en vacances pour commencer à avoir quelque chose dans les jambes.


Le président Macron vous a dit quoi à l’oreille ?

Qu’on a donné une très belle image de la France. Qu’il était fier et très content pour moi.


Marquer en finale de la Coupe du monde, c’est dingue ?

C’est énorme. Les cinq minutes d’après, tu voles sur le terrain. Vraiment incroyable.


Ce but, vous l’avez inscrit sur penalty. Comment fait-on le vide dans sa tête quand on est en finale de Coupe du monde et que l’on sait que des millions de gens vous regardent ?

On oublie qu’il y a du monde autour et que c’est une finale de Coupe du monde. J’ai posé le ballon et je me suis dit : “Change rien, fais comme d’habitude.” Et ç’a marché.


Et dans le tunnel avant d’entrer, on est dans quel état ?


On est excité. On a les jambes qui bougent toutes seules. T’as envie d’aller sur le terrain et de courir. Les deux seuls trucs que je ne voulais absolument pas faire, c’était de regarder la coupe, parce que je l’avais regardée à l’Euro et qu’on avait perdu. Je l’avais aussi regardée en Ligue des champions et on avait encore perdu. Je ne l’avais pas fait en Ligue Europa et on avait gagné. Là, je me suis dit : “Fais tout pour ne pas la regarder.” Et l’autre truc, c’était de ne pas pleurer pendant l’hymne.


Pourquoi ?

À chaque fois qu’on chante l’hymne, surtout en France, y a un moment donné où ça part et où les larmes me viennent. Là, je ne voulais pas. Peut-être que je n’avais pas envie qu’on me voie pleurer à ce moment-là. Après, oui, mais pas avant.


Quand l’aventure s’arrête, on est content de tout couper ou les potes manquent très vite ?

Oui, ils te manquent. On avait même prévu de passer des vacances ensemble, avec une dizaine de gars. Mais j’ai une fille qui voulait son papa ! (Sourire.) On le fera peut-être l’été prochain. Mais on s’est envoyé des messages, des photos de ce qu’on faisait, des vidéos. On a un groupe WhatsApp de la sélection. C’est Ben Mendy qui l’a créé.


Du coup, c’est compliqué quand une aventure aussi forte s’arrête d’un coup ?
À chaque veille de match, je faisais des siestes avec Ousmane Dembélé. En vacances, à chaque fois que j’allais en faire une, je lui envoyais un message pour lui dire : “Je pense à toi. Là, on devrait être en train de regarder une série ou de déconner.” (Sourire.) Pareil en club, je lui envoie des messages en lui remémorant ce qu’on a vécu.


Vous êtes soudé à vie avec ce groupe ?

Ouais. On peut se revoir dans quinze ans, rien n’aura changé. On peut aller boire un coup, partir en vacances ensemble, on a vraiment un chouette groupe.


L’ambianceur n° 1, c’était vraiment Adil Rami ?

Adil était toujours là pour apporter son sourire et sa bonne humeur. Ensuite, on avait Ben Mendy, qui était pas mal aussi. Dembélé et “la Pioche” (Paul Pogba), pareil.


Comment vous est venue l’idée de toucher les moustaches de Rami ?


Je l’ai fait avant un match durant lequel j’ai marqué. Du coup, j’ai voulu le refaire à chaque fois. C’est devenu notre petit rituel.


Vous vous souvenez de votre plus gros fou rire pendant la compétition ?


Je ne sais plus quand ni pourquoi, mais je suis certain que c’était avec Ousmane Dembélé. J’adore ce mec. On passait beaucoup de temps ensemble. On jouait à Football Manager, on regardait des séries. On rigolait beaucoup.


Vous êtes où, le soir du coup de l’extincteur (après la qualification contre l’Argentine, Rami en avait utilisé un pour asperger ses coéquipiers) ?

Dans ma chambre en train de jouer à Fortnite (célèbre jeu vidéo). Avec le son, je ne m’étais pas rendu compte qu’il y avait tout ce bordel.

Quelqu’un frappe fort à ma porte et me dit : “Il faut évacuer.” Donc, j’ai tout laissé et je suis sorti. Quand j’ai vu la fumée, je me suis dit : “Oh, là, là, c’est quoi ça encore ? Qu’est-ce qu’ils ont fait ?” Et après, j’ai vu tout le monde assis en train d’attendre dehors. (Sourire.)


Y a un joueur que vous avez découvert pendant cette compétition et qui vous a marqué ?


J’ai beaucoup aimé Flo Thauvin. Il est assez réservé, mais je l’ai un peu plus découvert, c’est vraiment un bon mec.

Duo.

Et N’Golo Kanté, vous nous racontez un truc secret sur lui ?


Le seul qui le sort un peu de sa timidité, c’est Thomas Lemar. Ils jouent ensemble et ils se piquent. Aux cartes, aux jeux à l’entraînement, au basket, ils sont tout le temps en train de se piquer. Moi, j’essayais un peu quand il perdait dans les jeux réduits pendant l’entraînement, mais c’était tellement rare qu’il les perde...


Il est petit, il est gentil, il a chopé Leo Messi, O.K. Mais c’est vrai que c’est un tricheur ?

Ouais ! Un grand et bon tricheur. Surtout aux cartes. Dans le bus, on entendait les gars crier parce qu’il trichait.


Vous avez également partagé le quotidien de Kylian Mbappé. Il est aussi extraordinaire qu’on le dit ?


“Kyky”... Je l’appelle “Kyky”, même s’il n’aime pas trop. “Kyky”, c’est costaud ce qu’il fait. Il me rappelle Cristiano quand il était à Manchester. Cristiano, c’était le gars qui jouait sur le côté, qui dribblait beaucoup et qui marquait, mais qui ne cherchait pas forcément le but. Et quand Kylian fera ce que Cristiano a fait à Madrid, ne penser qu’au but, il va en mettre cinquante, pareil. Ce qui me fascine et ce que je préfère chez lui, ce sont ses premiers pas. Le but qu’il met contre l’Argentine... Il se met le ballon sur son pied gauche et là, il fait tac, tac ! (Il mime avec ses mains.) Wahou !


Et à l’entraînement, il fait aussi des choses incroyables ?


Devant le but, ce n’est pas trop ça... (Rire.) Souvent je le chambre, je lui demande comment il fait pour marquer autant. Quand on fait des jeux devant le but, il ne gagne jamais ! Mais, dès qu’il va changer ça, ça va être plus costaud. Il faut qu’il veuille aller marquer, qu’il ne s’écarte plus, qu’il fasse des appels diago (dans la diagonale). Le but qu’il met contre Liverpool (en Ligue des champions), il est dans l’axe. Je lui avais envoyé un message après pour lui dire : “Il faut que tes appels se fassent vers le but. Et si on ne te la donne pas, tu dois pourrir le mec. Tu dois toucher le ballon dans l’axe.”


Vous lui donnez des conseils ?

Ouais, à tout le monde. Moi-même, j’adore qu’on me dise comment faire, qu’on me donne des petites astuces. On s’entend vraiment bien avec Kylian, je fais ça pour son bien. Pour le nôtre aussi puisqu’il joue pour nous.


Dans le documentaire qui retrace votre épopée, on découvre Paul Pogba dans la peau d’un leader charismatique. Vous le connaissiez avant sous ce visage-là ?

Paul, il est comme ça. Il a toujours eu les bons mots. Après, il fallait se lâcher et s’ouvrir au vestiaire. C’est compliqué de parler à un vestiaire. Lui, il a cette voix, il sait bien parler, il sait te motiver. Je savais qu’il était comme ça. Mais c’est vrai qu’il s’est vraiment ouvert pendant cette Coupe du monde.

Il vous a surpris ?

Ouais, mais si vous regardez le film, vous remarquerez qu’il ne me regarde jamais quand il fait ses discours et que moi je baisse souvent la tête. Il me fait rigoler. Normalement, “la Pioche”, c’est la déconnade. Il rigole, il danse. Quand il est sérieux, ça me fait rigoler. S’il me voit, il va sourire et rigoler.


Vous avez découvert des choses dans ce doc ?

Non. En revanche, je trouve que je suis fou. Je suis toujours à faire le con. Je me faisais rigoler tout seul.


Vous étiez au courant que Samuel Umtiti se parfumait à la mi-temps des matches ?


Non ! Ça, je l’ai découvert. En plus, ça lui a porté chance. Ça m’a bien fait marrer. Je me suis dit : “Il est vraiment fou, lui !”


Il y a beaucoup de superstitieux dans cette équipe ?


Ouais. Avec les bandages, les chaussettes. Moi, à partir des huitièmes, je ne me douchais pas avant d’arriver au stade. À partir du moment où je l’ai fait, j’ai été bon, donc je ne voulais pas changer. Maintenant, je le fais même en club.


Vous êtes aussi sortis à Moscou en pleine compétition pour aller dîner. C’est pas banal...

Ça nous a fait du bien. On voulait voir d’autres visages. Sur la route, on était aux fenêtres à regarder les gens. C’était la première fois qu’on sortait. À Istra, on était comme à Clairefontaine, dans notre bulle, où rien ne peut entrer, rien ne peut sortir. Momo (le responsable de la sécurité) s’est occupé de toute la sécurité et on s’est tous retrouvés sur une terrasse en hauteur, c’était cool.


Et vous avez respecté le couvre-feu du coach ?

Ah ça, t’es obligé ! Sinon, tu ne rentres plus.


Il était comment Didier Deschamps pendant cette compétition ?
(Ses yeux s’illuminent.) Alors, le coach, il s’est lâché. Après l’Argentine, surtout. Ses discours n’étaient plus les mêmes. Il a été très fort. Il avait une autre façon de parler. Il avait des mots forts, des discours costauds. Là, on s’est dit : “On va aller au bout !”


Vous saviez ce qu’il se disait de vous en France pendant la Coupe du monde ?
On savait qu’on était un peu critiqués. Tes potes te le disent par message, tu le vois sur Twitter. On savait, mais on était tellement certains de gagner avec ce système et cette façon de jouer...


Vous avez vite compris que vous seriez champions du monde ?
Après la Belgique. C’est pour ça que je pleure. Je sais qu’on est champions.


Avant même de jouer ?

Ouais.


C’est vrai cette histoire de bagues en préparation, à l’image de ce qui se fait pour les champions NBA ?

Oui, on a demandé au président Le Graët. C’est Paul qui lui a parlé. Quand il a vu que tout le monde la voulait, il a dit : “O.K.” C’est nouveau, ça change des petits trophées. J’aime bien.


Vous avez fait quoi de votre médaille ?

Elle est chez moi. Je fais construire une maison sur Madrid en ce moment et je vais faire un petit musée dans lequel je mettrai les maillots, les trophées, les médailles.


Vous avez des regrets dans cette compétition ?

Le seul, ce sont mes trois matches du premier tour. Je n’ai pas pu aider l’équipe comme je le souhaitais. La fatigue était plus forte.


Et le défilé sur les Champs après la victoire ?

C’était vraiment dommage. Tellement de gens nous ont attendus des heures, pour nous voir passer cinq minutes. On n’attendait que ça, notre retour en France. En arrivant en bas de l’avenue, on s’est dit : “C’est fini ? Non, on fait demi-tour et on repart voir les gens.”


D’où l’idée de fêter avec le public du Stade de France après le match face au Pays-Bas, le
9 septembre...


J’ai envoyé un message au coach pour savoir si on pouvait faire quelque chose. Je venais de faire ça avec le club, après la Supercoupe d’Europe. C’était trop bien. Je lui ai dit : “Pourquoi on ne ferait pas pareil, coach ? On apporte la coupe, on fait la présentation de chaque joueur, et après on fait un tour de stade.” Il fallait qu’on ait un truc avec nos supporters. Le coach a bien aimé l’idée et en a parlé au président.


Ç’a permis d’oublier les Champs ?

On a kiffé. Même le public. Je me suis rendu compte que les gens restaient. On passait devant une tribune, on partait de l’autre côté,

mais les gens restaient. C’était vraiment beau.


Un souvenir de plus dans votre année 2018 complètement dingue...


Je n’ai pas envie qu’elle se termine... Je suis en plein kiff, tellement heureux de ma saison. Je suis encore sur mon nuage et je ne me rends pas encore trop compte de tout ce que j’ai fait.


Il y a encore le Ballon d’Or France Football à aller chercher. Vous y pensez beaucoup ?


C’est parce qu’on me pose la question ou qu’on m’en parle que j’y pense. Tu te fais à l’idée. Pour moi, c’est un rêve. Historiquement, c’est le top du top. Il n’y a que des cracks, que des exemples parmi les vainqueurs. Ce serait un rêve de devenir un exemple pour les autres.


Si un Français ne le gagnait pas, ce serait une déception ?


Ouais. On a été champions du monde, on fait partie de la meilleure équipe du monde. Dans la meilleure équipe du monde, il doit y avoir le meilleur joueur du monde, non ? En tout cas, c’est ce que moi je pense. Après, ce sont des votes, des opinions, des jugements différents. Mais je pense qu’un Français doit être Ballon d’Or.


Si vous ne gagnez pas mais qu’un autre Français le remporte, ça vous consolera ?

(Sincère.) Bah oui ! Franchement ! J’aimerais bien que ça soit un Français. Par rapport à la Coupe du monde qu’on a faite, un Français doit gagner.


Quel autre joueur français le mériterait ?

“Kyky” (Mbappé). Raph (Varane). N’Golo (Kanté). J’ai aussi bien aimé la saison de Sam (Umtiti).

Est-ce que la victoire collective des Français à la Coupe du monde ne va pas vous desservir dans cette course au Ballon d’Or ?


Ouais, sûrement. Notre collectif a été au- dessus de tout. C’est ça qui nous a fait gagner. Beaucoup de joueurs dans l’équipe le méritent.


Est-ce que cette année peut changer le regard que les gens portent sur vous ?
J’ai gagné une Supercoupe d’Europe, une Ligue Europa, une Coupe du monde. On parle de moi grâce à cette belle année 2018. C’est pour ça que j’ai pris la fameuse image de la table pour parler de Messi et Ronaldo. (“Je peux m’asseoir à la table de Messi et Ronaldo.”). Tout au long d’une carrière, c’est très, très dur d’être proche d’eux, mais sur une année, je pense que c’est jouable. J’aurais dû préciser que je parlais d’une année. Sur une carrière, non. Ces deux gars-là sont des vraies légendes. Tous les ans, les mecs sont là, ne se fatiguent jamais, marquent cinquante buts, gagnent des trophées, des Ballons d’Or, et ils en reveulent encore.


Vous vous êtes surpris sur 2018 ?

Non. Là où je me dis que je fais fort, c’est quand je termine troisième au Ballon d’Or (en 2016). Je ne me rendais pas compte du niveau que j’avais atteint et jusqu’où je pouvais aller. C’était la première fois qu’on me mettait à cette “table”. (Sourire.)


La vie est-elle plus facile avec un titre de champion du monde ?


Il y a plus d’attentes sur moi. En sélection ou un club, tu dois toujours donner une bonne image. Si je suis fatigué à un entraînement, on peut se dire : “Ça y est, il est champion du monde, il ne veut plus s’entraîner.” Je me mets ça dans la tête. Je veux donner une bonne image, me défoncer. Je veux qu’on me regarde et qu’on se dise : “Regarde, ce mec-là, il est champion du monde, mais il ne lâche rien.”


On n’a plus le droit à l’erreur quand on a gagné la Coupe du monde ?


Presque, ouais. C’est ce que m’a dit “el Cholo” : “Tout le monde va te regarder. Les jeunes, les moins jeunes. Et tout ce que tu vas faire sera commenté, donc fais attention, mais ne change rien. Tu fais tout bien.”


Il ira où ce Ballon d’Or, si vous l’emportez ? Dans votre futur musée?


Je mettrai un coffre avec un code avec empreinte digitale. Comme ça, ça sera impossible de rentrer ! (Sourire.)


Quand vous pensez au Ballon d’Or, quelles images vous reviennent ?

Il y a plein d’images. Cristiano à la tour Eiffel (l’année dernière), Messi qui le reçoit. À chaque fois, on voit que du doré. Et puis, il y a les costumes ! Ils font fort à chaque fois.


Vous êtes impatient de connaître le résultat ?

Il me reste deux mois. J’en profite pour penser au terrain et faire comme contre Bruges, marquer et faire des passes dé (il a inscrit deux buts et donné la balle du 3-1 en Ligue des champions lors de la 2e journée de la phase de poules).


Si vous aviez une chose à dire pour convaincre les jurés, ce serait quoi ?


Ouh, là, costaud... Qu’on pense à moi, c’est une fierté. Ça veut dire que je ne suis pas loin de mon meilleur niveau. Après, je ne suis pas un joueur qui met pas cinquante buts comme les autres, mais je suis quelqu’un qui pense collectif. Je suis un attaquant, mais je travaille pour l’équipe. Je défends pour l’équipe, je mets vingt buts par saison. C’est une autre forme de football.» 

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