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Pourquoi les attaquants français marquent autant dans les championnats étrangers ?

Si les entraîneurs français, à l’image de Claude Puel démis de ses fonctions par Leicester, n’ont plus vraiment la cote à l’étranger, les attaquants tricolores, eux, s’exportent avec un réel bonheur. Dans la lignée de la talentueuse génération 87 (Nasri, Ben Arfa, Benzema, Ménez, entre autres), les centres de formations hexagonaux ont vu éclore de nombreuses pépites, notamment dans le secteur offensif.

« C’est le résultat d’un travail effectué par la fédération et les clubs depuis plusieurs années, analyse François Blaquart, ancien directeur technique national de la FFF de 2011 à 2017. Depuis 2010, on a décidé de privilégier le jeu dès la formation, et par conséquent, le secteur offensif. »

Ce vivier de talents n’a cessé de se développer depuis les succès de l’Équipe de France U19 à l’Euro 2010 et 2016, et celui des moins de 20 ans à la Coupe du monde 2013. Sur l’ensemble des joueurs offensifs sélectionnés par Didier Deschamps depuis la finale de l’Euro 2016, seuls Mbappé, Fekir, Thauvin et Payet évoluent encore en Ligue 1. Martial, Giroud et Lacazette font le bonheur de la Premier League, Griezmann, Benzema, Dembele, Gameiro et Ben Yedder, buteur samedi à Huesca, déroulent en Liga tandis que Ribéry, Pléa, Coman et Haller performent en Bundesliga.

« Malgré les gros efforts de la Ligue 1, les championnats étrangers font plus rêver les jeunes joueurs. Ils sont plus attractifs », constate François Blaquart. Ces envies d’ailleurs peuvent aussi se traduire par des philosophies de jeu différentes de celles du football français. « Il est plus facile pour un attaquant de s’exprimer dans les championnats anglais, espagnols et allemands, note David Bellion, l’ancien attaquant parti à Sunderland à l’âge de 19 ans. La Ligue 1 ressemble à la Série A italienne, avec des défenses rugueuses et des lignes resserrées. C’est compliqué pour un attaquant d’y développer son jeu sur le long terme, alors les joueurs s’en vont. »

Parmi les destinations favorites des jeunes tricolores, l’ancien Bordelais tresse les louanges de l’Angleterre : « Ça fait rêver. Même si tu es suivi par un club de Championship, tu hésites à y aller. Tu as la garantie d’avoir au moins 15 000 supporters au stade par match. C’est un vrai pays de football. »

Ces départs à l’étranger de plus en plus précoces font quand même grincer quelques dents. « Comme formateur, l’objectif c’est le rendement sportif. Il n’y a aucune ambition de les faire partir tôt. explique Stéphane Roche, entraîneur des U 19 de l’OL depuis 2017 et ex-directeur du centre de formation de Lyon. On ne souhaitait pas particulièrement que certains nous quittent. » Sans le citer, Roche songe notamment au cas d’Anthony Martial, vendu à Monaco à 17 ans et demi puis transféré à Manchester United deux ans plus tard. « On aura toujours le regret de l’avoir lâché assez rapidement sur des obligations économiques. Sportivement, on n’a pas pu aller au bout de notre parcours avec lui, déplore-t-il. Aujourd’hui, il a toujours une marche qu’il a du mal à franchir et j’espère qu’il va quand même y arriver. »

Le Parisien

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